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Psychiatre poursuivi pour mise en danger de la vie de ses patients

 

Mise en danger de la vie de ses patients

Suite au suicide de l’un de ses patients, un psychiatre de la ville d’Arcachon, le Docteur Christian Gaussares, est poursuivi pour mise en danger de la vie de plusieurs de ses patients.

Les faits qui sont reprochés au psychiatre

En 2009 le psychiatre participe à un essai clinique d’un antidépresseur du laboratoire danois Lundbeck. 21 patients ont été sélectionnés pour participer à l’essai. L’objectif était de tester un nouvel antidépresseur.

En février 2009, l’un de ces patients se suicide en s’immolant par le feu dans sa voiture.

Selon le rapport d’expertise demandé par le parquet et l’enquête menée par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), le médecin n’aurait pas respecté le protocole interdisant d’inclure des personnes suicidaires ou à tendance suicidaire dans l’essai.

Il est également reproché au psychiatre de ne pas avoir déclaré au fisc les rémunérations perçues dans la cadre de cet essai clinique (près de 10 000 euros par patient recruté).

Sanction requise par le Tribunal Correctionnel de Bordeaux

6 mois de prison avec sursis ont été requis par le Parquet, à l’encontre de Christian Gaussares.

Le médecin est poursuivi pour diverses infractions, notamment

  • blanchiment de fraude fiscale
  • mise en danger de la vie d’autrui

Mise en délibéré

Le jugement a été mis en délibéré au mois de juin prochain.

Le laboratoire a retiré le nouvel antidépresseur de ses essais cliniques.

Il n’est pas poursuivi dans cette affaire.

Que penser de cette affaire ?

En France, pour procéder à des essais cliniques il faut respecter un certain protocole.

Autrement dit, tout est très réglementé !


Le role d’un Comité de Protection des Personnes from Notre-recherche-clinique on Vimeo.

La réalisation des essais cliniques est encadrée en France par la loi Huriet et Sérusclat. Cette loi définit l’ensemble des obligations s’imposant aux promoteurs et aux médecins investigateurs responsables de la réalisation des recherches.

Harmonisée en 2004 au niveau européen, cette loi a mis en place l’examen préalable des projets d’essais par des Comités de protection des personnes (CPP).

L’objectif est de protéger le patient, qui joue ici le rôle de « cobaye« .

Généralement, on inclut dans l’essai des personnes sélectionnées selon des critères d’inclusion.

Le docteur qui fait participer des patients à tendance suicidaire alors qu’il sait qu’il ne doit pas le faire, engage sa responsabilité civile et pénale.

En l’occurrence, ici, ce docteur semble avoir agi dans un objectif financier.

A-t-il réellement pensé au bien de ses patients ?

En règle générale, on fait participer des personnes pour qui le médicament objet de l’essai peut apporter un bénéfice.

Ce procès présente un vif intérêt pour moi qui suis atteinte d’une maladie chronique.

Participer à un essai clinique ne se fait pas à la légère. Il est important de pouvoir accorder une entière confiance en son médecin.

Dans les faits, si ledit médecin est plus intéressé par l’argent qu’il va pouvoir percevoir par les laboratoires pharmaceutiques que par l’intérêt médical que l’essai clinique représente, alors il y a un réel problème !

A noter : l’avocat de la victime retient l’homicide involontaire, le Parquet a retenu la mise en danger de la vie d’autrui

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Si le sujet du cadre juridique des essais cliniques vous intéresse, dites le moi. Je pourrais vous proposer un article.

 

Reportage vidéo


(2 commentaires)

  1. Laura B.

    Merci pour ton article, qui rapporte une actualité intéressante.
    Pour ma part, je ne serais pas aussi tranchée que toi sur la responsabilité du médecin: il s’est impliqué dans une démarche assez paradoxale proposée par le labo: expérimenter un anti-dépresseur sur des personnes sans tendances suicidaires. Mais comment identifier une population de patients atteints de dépression, qui n’ont jamais eu d’idées noires?
    Ni le labo, ni le CPP, ni le médecin ne pouvaient ignorer qu’ils s’engageaient sur un terrain glissant.
    Le seul à trinquer dans l’histoire a été le médecin, le maillon faible de la chaîne.
    Mais en fin de compte, y avait-il réellement un responsable? Le patient n’a-t-il pas été avant tout victime de sa maladie, plutôt que de ce médicament?

    1. Chrystèle Bourély

      Bonjour Laura
      J’entends bien ta remarque.
      En tant que patiente moi-même et parfois victime potentielle de neurologues (quand on nous fait jouer aux cobayes malgré nous !), j’ai plutôt tendance à responsabiliser le médecin qui a sciemment masqué les sommes versées par le labo.
      Je ne parlerais pas plus de ce cas d’espèce. Pour donner un autre exemple, j’ai récemment changé de neurologue : le professeur du CHU que j’ai été consulter a confirmé que le traitement que voulait me donner l’autre neurologue n’était pas adapté. Pour justifier sa prescription il est allé jusqu’à parler d’une « atrophie » de ma moelle épinière, alors que ce n’est pas vrai. Il fallait justifier l’opportunité du traitement qu’il prescrivait hors AMM en se basant sur les résultats d’une récente étude clinique (sur la forme primaire progressive de sclérose en plaques).
      Ce n’est pas pour autant que je vais accuser tous les médecins, mais certains sont « border line ».
      Chrystèle
      http://desdocteursacotedelaplaque.com et http://la-sep.com

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